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Au 19ème siècle, alors que l'industrie extractive bat son plein depuis de nombreuses années à l'ouest du bassin borain, la zone d'Hensies, située entre les concessions de Belle-Vue et de Blaton, reste inexplorée. Composée principalement de marais et recouverte d'un épais mort terrain, cette région connu ses premiers sondages en 1838. Réalisés à l'initiative du Duc d'Arenberg, ces derniers se révélèrent malheureusement peu fructueux et sont rapidement stoppés. Dans la seconde moitié du siècle, la région d'Hensies intéresse de nouveau les investisseurs et, entre 1855 et 1858, trois sociétés commencèrent à prospecter la région :

- La Société Charbonnière du Grand-Hornu,
- La Société de Recherches d'Hensies et Quiévrain,
- La Société Houillère de Don.

Les sondages réalisés par cette dernière s'avèrent encourageants et c'est en mars 1862 que la Société Houillère de Don introduit une demande en vue d'exploiter la concession d'Hensies-Pommerœul. Possédant déjà la concession d'Annœullin, dans le nord de la France, cette société n'a malgré tout que peu d'expérience et c'est dans l'espoir de traverser la zone marécageuse qu'elle fait appel à Pierre Dubar, un ingénieur des mines attaché aux charbonnages de St Vaast. Hélas, une venue d'eau à Annœullin fragilise la société qui est finalement déclarée en faillite en 1865. Le 9 mai 1973, Joseph Descmaps et consorts récupèrent les droit de la Société Houillère de Don avant de s'associer à la Banque Belge du Commerce et de l'Industrie pour fonder la Société Civile d'Hensies-Pommerœul. Cependant, ceux-ci n'exploitèrent jamais la concession qui revient finalement à la Société Anonyme des Charbonnages du Nord de Flénu, en mars 1875.
C'est à cette même époque que plusieurs investisseurs de Charleroi font une demande en vue d'explorer les régions inexplorées d'Hensies et de Quiévrain. Cette demande aboutira à la création, en avril 1875, de la Société Civile de recherches du Nord de Quiévrain, société qui racheta la concession d'Hensies-Pommerœul en 1901. Cette fusion donnera naissance six ans plus tard à la Société Anonyme des Concessions Houillères du Nord de Quiévrain et d'Hensies-Pommerœul. Les travaux de recherches menés à cette époque apportent la preuve qu'un riche gisement de charbon à Coke traverse la région mais la nature du terrain rend toute tentative de creusement impossible. Cependant, le succès du fonçage par congélation des sols utilisé à Harchies au début du 20ème siècle donne de l'espoir aux dirigeants d'Hensies-Pommerœul qui finirent par faire appel à la même technique, à partir de 1907. Réalisés par la société Foraky, les travaux préparatoires finissent par traverser le mort terrain l'année suivante et c'est en 1912 qu'une alliance, composée de la société Foraky et de la Société Anonyme des Concessions Houillères du Nord de Quiévrain et d'Hensies-Pommerœul, donna enfin naissance à la Société Anonyme des Charbonnages d'Hensies-Pommerœul.

Les travaux préparatoires de son premier siège, situé à Sartis, débutent en 1913 mais l'entrée en guerre de la Belgique ralentira considérablement les chantiers qui se soldèrent finalement par le démontage des machines par les Allemands.
Après l'armistice, alors que la construction du siège reprend péniblement, le capital de la société est porté à 20 millions de francs belge. Le but est de commencer le plus rapidement possible l'exploitation de la concession du Nord de Quiévrain par la création d'un second siège qui portera le nom du premier président de la société : Louis Lambert. Le 26 avril 1920, un arrêté royal autorise la société à réunir ses deux concessions et, suite à quelques rectifications avec la société de l'Ouest de Mons, celle-ci est portée à une surface de 1.895 hectares. Les deux sièges de la société sont rapidement considérés comme faisant partie des charbonnages les plus modernes du bassin. Situés de part et d'autre du canal Mons-Condé, celles-ci jouissent d'une situation géographique idéale qui permet une expansion rapide des installations. Le siège Sartis se dote ainsi d'un triage-lavoir, d'une fabrique d'agglomérés ainsi que d'un port moderne. En outre, la régularité et l'épaisseur des veines permet d'introduire très tôt la mécanisation dans les chantiers. Cette modernité permettra à la société d'échapper à la première vague de fermeture des mines du bassin mais, le 9 septembre 1966, le siège Louis Lambert n'échappe pas à son sort et se voit contraint de mettre fin à ses travaux.

Il ne reste alors que trois sièges en activité dans le bassin :

- Le siège du Sartis,
- Le siège de l'Héribus,
- Le siège de Tertre.

Ces deux derniers fermeront respectivement le 2 mars 1968 et le 1 mai 1971, faisant du Sartis le dernier siège en activité dans le bassin. Ce dernier fonctionnera jusqu'au 31 mars 1976, signant ainsi l'arrêt définitif de l'extraction dans le borinage.


      Le siège N°1 - Sartis dont il ne reste plus que le bâtiment des douches et la salle des pendus.

Le siège N°2 - Louis Lambert, dont il ne reste que les bains-douches, complètements plongés dans le noir.      

Copyright (c) / Photos by Nicolas Elias, Xavier Fer & Laura Dambremont