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Le Centre d'étude de l'Energie Nucléaire



En septembre 1951, le gouvernement belge confie à un groupe de scientifiques la mission de créer un organisme pour l'étude des applications de l'énergie nucléaire et c'est ainsi qu'est créé le SCK-CEN ( StudieCentrum voor Kernenergie / Centre d'étude de l'énergie nucléaire ). Le but de cette association était alors d'effectuer des recherches et de promouvoir l'utilisation de l'énergie atomique qui était considérée alors comme l'énergie du futur. Les premières études relatives à l'atome se déroulent dans les locaux de l'Administration de l'Aéronautique à Rhode Saint Genèse mais un an plus tard, le SCK-CEN s'installe à Mol et débute la construction de ses propres installations. La prévision d'une extension future du site amène le SCK-CEN à acquérir plusieurs terrains supplémentaires dont 382 hectares appartenant aux Charbonnages de Houthalen.
Dès 1954, les terrains du centre devinrent le plus grand chantier d'après-guerre en Belgique et en quelques années, un vaste ensemble en trois parties fut construit. Cet ensemble comprenait des bâtiments techniques, des bâtiments administratifs et sociaux ainsi que des logements. Entre 1955 et 1963, l'effectif passa de 245 à 1299 employés.

Le vendredi 11 mai 1956, le premier réacteur nucléaire de Belgique, le BR1, est mis en service dans l'enceinte du centre. Ce réacteur de 4MW fonctionne avec du graphite comme modérateur ainsi que de l'uranium provenant de l'Union Minière au Katanga. Un deuxième réacteur, le BR2, sera mis en service en 1961 et en l'espace d'un an, 16.000 expériences d'irradiations furent menées.
Ces expériences sont réparties comme ceci :

- 40% pour la production d'isotopes,
- 30% pour les recherches du centre d'études,
- 30% pour le compte de clients extérieurs.

Le BR2 est à l'époque le réacteur de recherche le plus performant d'Europe de l'Ouest. Il s'agit d'un réacteur à haut flux de neutrons qui sert principalement à étudier les comportements de la matière sous haute irradiation. Son combustible est composé d'uranium enrichi et de l'eau est utilisée comme modérateur et comme réfrigérant.
En 1962 est mis en service le réacteur BR3. Munis d'un réacteur à eau pressurisée, son but est de tester la production d'électricité  et l'exploitation de celle-ci en centrale industrielle. Les phases de test étant concluantes, le réacteur est raccordé au réseau de distribution d'électricité belge le 25 octobre 1962. En 1964 sera mis en service le quatrième et dernier réacteur de Mol : le réacteur à puissance nulle VENUS ( Vulcain Experimental Nuclear Study ). Le projet avait pour but de démontrer la faisabilité d'un concept de réacteur à spectre variable de neutrons, procédé mis en test dans le cadre de la recherche sur la propulsion nucléaire de navires commerciaux. Cependant, le coeur de ce nouveau réacteur fut arrêté et installé dans le BR3, la cuve de VENUS étant transformée pour effectuer des études sur le rayonnement neutronique.
En 1971, le gouvernement belge décide de scinder le SCK-CEN et c'est ainsi que fut créé l'institut national de Radio-éléments. Situé à Fleurus, cet institut s'occupe du conditionnement, de la distribution et de la commercialisation de radio-isotopes, principalement utilisés dans le secteur biomédical.

Au début des années 70, plusieurs spécialistes reconnurent que le stockage des déchets de moyenne et de haute activité commençait à poser un problème, ce qui pourrait compromettre l'avenir du nucléaire. Dans cette optique, le SCK-CEN développa à partir de 1974 un programme d'évaluation sur les possibilités d'un stockage en couches géologiques profondes. En partenariat avec le Service Belge de Géologie, un inventaire des régions pouvant accueillir ce type d'installation est réalisé et suite à cela, plusieurs forages sont réalisés dans la zone argileuse de Boom dont fait partie le SCK-CEN. C'est à proximité du centre que fut entamée, en 1980, la construction du laboratoire de recherche HADES ( High Activity Disposal Experimental Site ). Craignant l'affaissement de l'argile lors du creusement, les ingénieurs s'inspirèrent de la technique de congélation des sols, procédé qui avait déjà fait ses preuves à de nombreuses reprises lors du fonçage des puits de la Kempense Steenkoolmijnen. C'est à 225 mètres de profondeur que la première galerie du laboratoire fut creusée manuellement. Une deuxième galerie fut creusée à partir de 1987 par des ingénieurs français qui souhaitaient tester un nouveau type de soutènement, à savoir un système constitué de cintres coulissants en acier. Ce système sera par la suite utilisé dans le centre de recherche nucléaire de Bure dans le nord-est de la France.
Les activités menées dans ce laboratoire sont multiples. Elles permettent d'acquérir, dans des conditions réelles, l'expertise nécessaire pour concevoir une installation de stockage fiable en couches géologiques profondes.
Dans le but d'assurer la bonne gestion et l'exploitation du centre Hades, le SCK-CEN et l'ONDRAF ( Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies ) décident, en 1995, de mettre sur pied un Groupe d'Intérêt Economique du nom de PRACLAY ( Preliminary demonstration test for CLAY disposal ). En 1997, un second puits est fonçé et une liaison est creusée vers l'ancienne section. Cette nouvelle galerie, d'une longueur de 80 mètres fut réalisée en six semaines à l'aide d'un tunnelier.
En 2000, Le GIE PRACLAY change de dénomination et devient le GIE EURIDICE ( European Underground Research Infrastructure for Disposal of nuclear waste in Clay Environment ). Ce nouveau groupe gère dorénavant les infrastructures de surface ainsi que les installations souterraines comprenant les deux galeries ainsi qu'un puits d'essais, fonçé à l'extrémité de la section la plus ancienne.
En 2007 débute l'expérience la plus importante du centre. Nommée "expérience PRACLAY", elle consiste à étudier l'effet de la chaleur dégagée sur les couches d'argile. Pour réaliser ce test, une nouvelle galerie de 45 mètres fut creusée et équipée d'un système de chauffage d'une température de 80°. Pour analyser les réactions géologiques, de nombreux instruments de mesure ont été placés dans la galerie ainsi que dans plusieurs forages à l'extérieur de la cloison en béton, les données étant enregistrées automatiquement et visualisées en temps réel. À l'issue de cette phase de chauffe, à l'horizon 2025, la galerie sera démantelée et les résultats obtenus confirmeront ou non les propriétés favorables de l'argile de Boom pour confiner les déchets radioactifs dans le futur centre de stockage belge.

Outre l'expérience PRACLAY, de nombreux autres tests ont été réalisés dans le centre HADES. Une tradition veut que ces expériences soit des acronymes mythologiques et ce fut un vrai plaisir que de parcourir le centre à la découverte de ceux-ci.

En voici une liste non exhaustive :

ARCHIMEDES : Acquisition and regulation of water chemistry in a clay formation,

ATLAS : Admissible Thermal Loading for Argillaceous Storage,

CERBERUS : Control Experiment with Radiation for the BElgian Repository for Underground Storage,

MORPHEUS : Mobile ORganic matter and Pore water extraction in the Hades Experimental Underground Site,

ORPHEUS : Oxidation Reduction Potential and pH Experimental Underground Station,

PEGASUS : Partial pressure Evolution of dissolved GASes in real Underground Situations,

PHEBUS : PHEnomenology of hydrological transfer Between atmosphere and Underground Storage.

Pour plus d'informations, je vous invite à visiter le site d'Euridice.

      Visite des installations de surface et de fond du centre Hadès, à 225mètres de profondeur !
Copyright (c) / Photos by Nicolas Elias, Xavier Fer & Laura Dambremont