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Le 01 août 1872, le district de Hattingen délivre un permis industriel à Carlos Otto, directeur du charbonnage Wilhelm Hiby. Cet accord comprend la création et l'utilisation de matériaux réfractaires ainsi que la production et le recyclage de coke. Une première usine est rapidement construite à Dalhausen et l'entreprise prend alors le nom de Dr. C. Otto Feuerfest GmbH.
La société prend très rapidement de l'ampleur grâce à l'essor industriel de la Ruhr à cette époque et à la construction du réseau de chemins de fer allemand. Les haut-fourneaux et les cokeries se construisent de toutes parts et les investisseurs ne tardent pas à se manifester. Prenant conscience de l'intérêt des sous produits de cokerie comme le gaz, l'ammoniaque ou le goudron, Carlos Otto se tourne vers la récupération et le commerce de ces matières, méthode très largement ignorée à l'époque.
Elle devient parallèlement un des leader mondial dans la construction des fours à coke, remplaçant petit à petit les fours de fabrication belge et anglaise, réputés improductifs et mal adaptés aux besoins du 19ème siècle.

En novembre 1884, la compagnie signe un partenariat avec zeche Holland et devient son principal client, le charbon extrait permettant d'alimenter les fours de l'usine de Dalhausen. En 1915, alors que le conflit mondial fait rage, la société, devenue la Dr. Ing. C. Otto et Comp. Bendorf / Rhein, inaugure un four révolutionnaire destiné à la production de pierres de silice et devient alors l'usine la plus moderne de l'industrie réfractaire. C'est à cette époque que l'usine est reliée au Rhin et à ses différents ports, facilitant l'import et l'export des produits. Cette situation privilégiée participe encore à l'expansion de la société et, après le remboursement des dommages de guerre, les installations sont modernisées. Cependant, la situation économique de l'allemagne à cette époque entraîne une réduction des effectifs et l'entreprise doit fermer ses portes entre 1924 et 1925.
Une nouvelle fermeture s'ensuivra avec la crise économique de 1928. La situation redevient normale en 1938, lorsque la société investi dans un département de produits résistants aux acides. Elle fera l'acquisition la même année d'une mine d'argile, grube Melsbach, située dans le Westerwald. La deuxième guerre mondiale n'épargne pas la société et une grande partie des infrastructures de Dalhausen et du département de protections contre les acides sont détruites. Les usines doivent être en partie délocalisées à Bendorf. Elles ne retrouveront leurs emplacements d'origine que dans les années cinquante. En 1972, un nouveau four révolutionnaire de 180 mètres de long est inauguré dans les nouvelles installations de Dalhausen, augmentant le rendement et la qualité des briques refractaires.
Suite à diverses extensions, la  désormais Dr. C. Otto & Comp./ Werk Bendorf compte quatre départements :

- Le département réfractaire
- Le département de protection contre les acides
- Le département des matières plastiques gommantes
- Le département des plastiques renforcés de fibres de verre

En 1983, la société décide de fermer sa mine d'argile et en 1984, après avoir survécu à la crise pétrolière, la société est absorbée par la Salzgitter AG, une compagnie active dans l'extraction de sel qui veut bénéficier du savoir faire des usines de Dalhausen dans la liquéfaction du gaz de houille destiné à la production de benzène. En effet, cette production mettrait la salzgitter AG à l'abri du manque de carburant en cas de nouvelle crise pétrolière. Malheureusement, la Salzgitter décida rapidement de fermer les départements non essentiels à sa prospérité et une grande partie des installations furent stoppées et démantelées dès 1985.
Le département de protection contre les acides fut repris par la Westerwald AG qui possédait déjà un département similaire mais de taille beaucoup plus modeste.
Cette société repris également le département des matières plastiques gommantes jusqu'en 1990, année où cette section fut à son tour mise à l'arret.
Les usines de la Westerwald Ag situées à Wirge sont toujours en activité en 2017 et sont devenues des filiales de la ThyssenKrupp AG.

      Visite des vestiges de la mine d'argile Melsbach, une annexe de  la Dr. C. Otto Feuerfes GmbH.

Copyright (c) / Photos by Nicolas Elias, Xavier Fer & Laura Dambremont