En
1928, la société américaine Libbey Glass Manufacturing Company s'allie
à la mutuelle Solvay afin de démarrer une activité verrière sur
l'ancien site de la câblerie de Soignies. Cette nouvelle entreprise se
spécialise dans la technique du soufflage mécanique du verre ainsi que
dans la découpe à chaud et devient rapidement leader dans la confection
de verre à boire. La gobeleterie, alors première entreprise européenne
en terme de capacité de production, ne tarde pas à déposer un brevet
lié au bourrelet qui renforce le bord de leurs verres, ce qui amène
cette dernière à adopter un nouveau nom en 1935 : Durobor
(Dur au Bord). Cette nouvelle méthode de raffermissement permet à
l'entreprise de diversifier sa production. C'est ainsi que dans la
seconde moitié des années 30, on retrouve dans son catalogue :
- des verres à boire,
- des biberons,
- des cendriers,
- des coupes.
En
1957, Durobor confectionne son premier verre à pied. Nommé "le Napoli",
ce verre deviendra une référence et se maintiendra dans le catalogue de
la société durant toute sa vie. En 1960, la multinationale
Owens-Illinois, alors leader mondial dans la fabrication de contenants
en verre pour l'industrie alimentaire et spiritueuse, rachète 99,3% des
parts de Durobor qui transfère son siège social de Bruxelles à
Soignies. En 1975 sont créés les premiers verres à timbales mécaniques
à fond lourd contenant une bulle d'air en leur centre, un nouveau type
de verre qui deviendra également une référence pour l'entreprise qui
les exportera dans plus de 80 pays. En 1983, la société est rachetée
par la S.A. de Développement du verre de table mécanique
(SADETAM) qui devient dès lors l'actionnaire principal de Durobor puis
l'unique en 1989. Souhaitant disposer d'un siège social au
Royaume-Unis, l'entreprise rachète les actifs de la Ravenhead Glass
Company en 1993. Cette transaction se soldera hélas par un échec et le
site britannique fermera ses portes en 2001, signant au passage le
début des difficultés pour Durobor qui diversifie pourtant sa
production grâce au soufflage d'une gamme de verrines ainsi que
l'obtention d'une machine permettant d'imprimer des motifs à même le
verre. Après avoir participé à l'exposition universelle de Shangaï en
2010, la société est recapitalisée par le groupe d'investissement
H2-Decover et devient Durobor Groupe S.A..
Cependant, malgré de lourds investissements, la société subit une
lourde restructuration qui conduit au licenciement de 170 travailleurs
sur 380. En 2014, l'actionnaire H2 se retire mais Durobor parvient à se
maintenir à flot grâce au soutien de la région Wallonne et à Decover
qui augmente sa participation. Plusieurs investisseurs privés viennent
également au secours de l'entreprise afin de restaurer sa situation
financière. Durobor renoue avec la croissance dès le premier semestre
2015 grâce à des clients comme les hôtels Hilton, Carlsberg ou Granini.
En juin 2017, Durobor est repris par le groupe néerlandais Herman Green
qui envisage de délocaliser la production tout en restant dans l'entité
de Soignies mais l'entreprise finira par déposer le bilan le 30 avril
2019. Il s'agissait de la dernière gobeleterie du pays.