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Belgique - Bassin Liégeois

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La Vieille Montagne Bleyberg


La Compagnie des Mines et Fonderies du Bleyberg



L'exploitation des minerais de cuivres, de zinc et de plomb sont avérés dans les environs de plombières depuis le 13ème siècle. L'extraction, réalisée alors exclusivement en surface connait son essor au milieu du 14ème siècle, date où fut fondé la mine de Bradersbergh. Cette mine peu profonde passa entre les mains de plusieurs prospecteurs et en 1437, le duc de Bourgogne décide d'octroyer les droits d'exploitation, d'une durée de quinze ans, à trois bourgeois d'Aix la Chapelle : Herman Pael, Geryt Pael et Jean Bernage, ces droits étant accordés à la condition du payement de la nône, c'est à dire la neuvième partie du minerais extrait. L'acte de location reconnait aux maîtres de fosses le droit d'exploiter le plomb, la calamine ainsi que le zinc et le cuivre, de creuser le sol de tiers avec leur consentement et de prélever dans les forêts le bois nécessaire à l'exploitation des chantiers. Une close de cet acte stipule également que les ouvriers de Bradersbergh jouiront des libertés individuelles, des libertés de possession ainsi que la liberté de s'approvisionner en marchandises, le tout en étant exemptés de toutes taxes. Cependant Herman Pael et ses associés abandonnèrent rapidement la mine qui fut envahie par les eaux en l'espace de quelques semaines. Le duc confie donc la mine à trois autres personnes : Jean von den Moer, Guillaume Nekens et Pierre Danckaert. Ceux-ci, aidés par les anciens employés de la mine, entreprennent aussitôt des travaux d'exhaure dans le but d'assécher les chantiers

La mine connu malheureusement de nombreux déboires au cours des siècles qui suivirent, des moments d'activité succédant à de longues périodes de chômage liés principalement aux inondation et aux différentes occupations militaires sont la région fut victime. À la fin du 16ème siècle, l'administration ducale décide d'abandonner l'amodiation pour exploiter la mine de son propre chef. Au fil des ans, le nom de la mine évolua, passant de Bradersbergh à Blaesbergh pour devenir progressivement Bleyberg, au début du 19ème siècle. C'est à la même époque que les frères Charles-james et John Cockerill firent une demande de concession dans le but d'exploiter la mine de Bleyberg. Celle-ci leur fut accordée par le gouvernement hollandais  et par l'administration de Montzen en juin 1825. En outre, une autorisation d'ouvrir les anciens bures et de construire des ateliers, des fours et des fonderies leur fut aussi accordée. En janvier 1828, les deux frères décident de réaliser des sondages dans le hameau de ten Eycken avant d'y faire construire un établissement. Le site parait prometteur et une concession leur est accordée en 1828. Cependant, c'est cette même année que John Cockerill renonce à ses droits d'exploitation dont il céda les parts à Charles-james. Désormais seul bénéficiaire de la concession, celui-ci reprend rapidement les travaux miniers et le 26 mai 1841, il fonde la Société du Bleyberg en Belgique. La nouvelle mine connu des débuts difficile mais dès 1845, le minerais commence à être extrait en abondance. Le succès de ces chantiers amena les différents actionnaires à transformer la société en société anonyme. Avec un capital de 4.5 millions de francs, la Compagnie des Mines et Fonderies du Bleyberg S.A. fut fondée en 1846. Très vite, du zinc fut découvert mais, celui-ci étant tellement amalgamé au plomb qu'une extraction séparée s'avéra alors impossible. En difficulté, les biens de la société furent revendu en 1851 à Jean Henri Demonceau, alors directeur de la Banque Liégeoise. L'extraction du plomb et du zinc gisant continue malgré tout et en novembre 1852, après la dissolution de la Compagnie des Mines et Fonderies du Bleyberg S.A., la Société Anonyme de Bleyberg ès Montzen fut fondée. Modernisée et équipée de nouvelles pompes d'exhaure, la mine est agrandie grâce à l'obtention d'une nouvelle concession de 593 hectares située sous Gemmenich, Montzen et Moresnet.

Les nouvelles techniques de traitements amenèrent à une purification progressive du plomb et à la récupération du zinc aggloméré mais l'eau reste  malheureusement un grand problème. Provenant de la Gueule, une rivière prenant sa source près de la frontière allemande, celle-ci mena une fois de plus à l'inondation de la mine. C'est ainsi qu'en 1861, une demande fut introduite par la société dans le but de détourner la rivière sur une partie de son cours. Montzen donne son accord le 26 novembre de la même année et en l'espace de quelques mois, un canal de près de trois kilomètres fut construit pour contourner la concession. En août 1862, Ferdinand Spiaels, alors président du conseil d'administration, ainsi que Remy Paquot, le nouveau directeur de la société introduisent deux nouvelles demandes d'extension de concession dans une zone de 162 hectares incluant Moresnet et Gemmenich ainsi que dans une seconde zone de 618 hectares situés sous Hombourg, Montzen et Henri-Chapelle. Malgré une mise en concurrence avec la Vieille Montagne, une augmentation de concession de 700 hectares fut accordée en janvier 1867. L'agrandissement de la société et la multiplication de ses puits de production amène Remy Paquot à lancer la construction d'une ligne ferroviaire entre Welkenraedt et la frontière prussienne, ce qui facilitera grandement l'exportation des produits composés de zinc brut en plaques, de plomb et d'argent en barre. Outre ses mines, la société possède à l'époque :

- 1 usine de produits réfractaires,
- 1 four à chaux,
- 74 fours à calcination,
- 100 fours à réduction pour le zinc,
- 15 fours de réduction du minerais de plomb,
- 3 fours à manche,
- 22 pots de concentration argentifère,
- 18 fours à double sole pour griller la blende,
- 16 fours de cuisson de produits réfractaires,
- 3 fours de fusion de la calamine,
- 3 pots à cristalliser le plomb,
- 32 fours à réverbères pour agglomérés,
- 4 hauts-fourneaux pour le plomb,
- 2 fours de raffinage pour le plomb.

L'essor de la société se poursuivra en août 1875, après l'obtention d'une nouvelle concession d'une superficie de 308 hectares.
Le 3 janvier 1882, la Compagnie des Mines et Fonderies du Bleyberg S.A. fusionne avec la Compagnie française des mines et usines d'Escombrera pour former la Compagnie française des mines et usines d'Escombrera-Bleyberg. Le 15 mars de la même année, la mine est une nouvelle fois envahie par les eaux et, bien que le filon soit toujours prometteur, tous les travaux sont abandonnés et comblés. La dernière mine liée à Bleyberg est celle de Schimper mais, suite à la baisse des coûts des minerais, elle fermera elle aussi ses chantiers peu de temps après. Les fours et fonderies continuèrent malgré tout à produire grâce notamment à l'importation de minerais étrangers.
Escombrera-Bleyberg fusionnera en 1912 avec la Société Minière et Métallurgique de Pennaroya, une compagnie française, possédant plusieurs mines de charbon et de métaux non ferreux en Espagne. Remy Paquot mourru la même année et c'est son fils, Paul, qui sera désigné comme nouveau directeur de la division des mines de Bleyberg. Peu de temps après la déclaration de guerre, la société est mise à l'arrêt et placée sous séquestre comme bien français. La guerre épargne en grande partie Bleyberg et dès la fin des hostilités, une partie des installations est remise en service. Ils seront définitivement arrêtés en 1922, après l'inauguration d'une grande fonderie à zinc dans le nord de la France et dont la localisation est plus aisée du point de vue de l'exportation. En 1939, la Société Minière et Métallurgique de Pennaroya décide de vendre tous les biens de surface liés à Bleyberg à la Manufacture des Treillis et Toiles Métalliques tout en gardant un droit de remise en service des mines, un droit qui ne fut jamais exploité.

      Reportage sur les anciennes bornes de puits de la Compagnie des mines et fonderies du Bleyberg.
Copyright (c) / Photos by Nicolas Elias, Xavier Fer & Laura Dambremont