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Luxembourg - Bassin Luxembourgeois

Mines et carrières  Industries  Ouvrages hydrauliques

Esch-Belval


Arbed Esch-Belval



C'est au milieu du 19ème siècle qu'est découvert un important filon de minette dans des couches sédimentaires qui parcourent la zone frontalière entre la France et le Luxembourg. Doté d'une teneur en fer avoisinant les 30%, ce gisement de minette s'étend sur une quarantaine de kilomètres de large, le long d'une bande d'environ cent kilomètres allant du nord de Longwy au sud de Nancy. L'exploitation de ce dernier ne tarde pas à démarrer via des mines à ciel ouvert ainsi que des petites mines à flanc de coteaux et c'est en 1870 que les premières usines sidérurgiques voient le jour suite à l'expansion du réseau ferroviaire débuté en 1859 ainsi qu'à la découverte du procédé Thomas qui permet d'éliminer le phosphore du fer lors de la fonte. Plusieurs aciéries importantes surgissent alors de terre grâce notamment à la participation massive de la Gelsenkirchener Bergwerks AG :

- 1886 : Dudelange,
- 1900 : Differdange,
- 1905 : Rodange.

En 1907, après plusieurs refus d'implantation coté français, les frères Adolf et Emil Kirdorf décident de fonder une usine sur une surface boisée située entre Esch-sur-Alzette et Belvaux (lieu qui prendra plus tard le nom de Esch-Belval). Nommée Adolf-Emil, cette grande aciérie de 222 hectares fut construite entre 1909 et 1912 et comportait toutes les divisions nécessaires à la création d'un acier de qualité. Elle disposait entre autres d'une aciérie Thomas, de quatre convertisseurs, d'une soufflerie, d'un laminoir à six coulées et de six hauts fourneaux d'une capacité de production journalière de 200 tonnes chacun. À l'aube de la première guerre mondiale, 3.131 ouvriers produisent une moyenne de 400.000 tonnes de fonte, 360.000 tonnes d'acier et 297.000 tonnes de produits laminés par an. La défaite de l'Allemagne de 1918 met fin à la présence allemande dans l'industrie luxembourgeoise et les actifs de la Gelsenkirchener Bergwerks AG furent absorbés au sein des Aciéries Réunies de Burbach-Eich-Dudelange (ARBED). Après une période de modernisation, la guerre éclate à nouveau mais c'est au début des années 50 que la sidérurgie locale connait une prospérité sans précédent grâce aux accords de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Fondée en 1952, cette dernière introduira les aciéries luxembourgeoises au cœur de la sidérurgie européenne. C'est à Esch-Belval que Jean Monnet, président de la Haute Autorité de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, activa la première coulée d'acier européen.
Tout un symbole.

L'usine continue de prospérer et de s'agrandir au fil des années et c'est entre 1965 et 1970 que sont mis en routes le haut fourneau A, d'une capacité de production journalière de 2.300 tonnes, et le haut fourneau B, d'une capacité de production journalière de 3.000 tonnes. Ces installations modernes et automatisées permettent rapidement au site d'Esch-Belval de prendre un nouvel essor et, en 1979, un troisième haut fourneau d'une capacité de 4.000 tonnes voit le jour. Au début des années 70, le site compte 6.875 ouvriers et 1.006 employés pour une production annuelle de 1.513.000 tonnes d'aciers et 1.513.000 tonnes de fer. La crise de l'acier des années 90 contraint l'ARBED à des restructurations techniques et oblige cette dernière à revendre le Haut Fourneau C au groupe sidérurgique chinois Kisco. Ce démantèlement dura cinq mois et occupa 240 travailleurs chinois. Les 10.000 tonnes daciers furent numérotées et emballées avant de partir pour le site de Kunming situé dans la province de Yunnan, au sud de la Chine. La crise entraine également l'arrêt des deux derniers hauts fourneaux dont le dernier fut définitivement éteint le 28 août 1997, la production d'acier s'effectuant désormais via des fours électriques alimentés en mitraille. Avec un diamètre de 7,6 mètres, le plus important de ces fours fut fabriqué par Mannesmann Demag Hüttentechnik.
La fin des hauts fourneaux ne signe heureusement pas la fin de l'activité sidérurgique à Esch-Belval. Alors que le laminoir produit toujours des barres, des lingots et des poutrelles, la partie ouest du site se transforme progressivement en un très important quartier urbain possédant entre autres des banques, une université, une grande salle de concert ainsi qu'un centre commercial de 36.000m². Les hauts fourneaux A et B sont toujours en place et font partie d'un circuit visitable de toute beauté. Esch-Belval est un modèle de reconversion.

Je remercie Xavier pour sa participation au reportage.

Les hauts fourneaux de Belval
Avenue des Hauts-Fourneaux, 6
4362 Esch-Belval Esch-sur-Alzette
https://www.minetttour.lu/

      Visite du site des hauts fourneaux en 2010 alors que la reconversion débutait à peine.

      Reportage sur les installations après la rénovation.

      Visite de la centrale électrique des Terres Rouge en 2010, peu avant sa démolition.

Copyright (c) / Photos by Nicolas Elias, Xavier Fer & Laura Dambremont